Juridiction · Afrique de l'Ouest

Le droit au
Burkina Faso

Membre fondateur de l'OHADA et de l'UEMOA, dont la Commission et la Cour de justice siègent à Ouagadougou, le Burkina Faso combine un droit national d'inspiration civiliste, le droit uniforme OHADA et le droit communautaire de l'UEMOA. Cette page en présente l'architecture, et ce qui l'emporte en cas de conflit.

Sélectionnez une organisation pour voir ses membres, ou affichez les chevauchements avec le Burkina Faso. Le défi carte propose six questions de géographie juridique.

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Repères

Capitale
Ouagadougou
Langues
Langues nationales officielles ; le français est langue de travail
Tradition juridique
Droit civiliste (droit écrit)
Constitution
2 juin 1991 (révisée)
Droit des affaires
OHADA, membre fondateur
Hautes juridictions
Conseil constitutionnel, Cour de cassation, Conseil d'État, Cour des comptes
Monnaie
Franc CFA (XOF), émis par la BCEAO
Organisations régionales
7, dont l'UA et la ZLECAf

Le Burkina Faso au carrefour des organisations régionales

Membre de sept organisations, le Burkina Faso relève de régimes juridiques complémentaires : uniformisation du droit des affaires (OHADA), union économique et monétaire (UEMOA, dont il accueille le siège), coopération entre voisins (Conseil de l'Entente, AES) et gestion partagée du fleuve Niger (ABN).

OHADA

membre fondateur (1993)

Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires

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Siège
Yaoundé (Secrétariat permanent) · 17 États membres
Approche réglementaire
Actes uniformes directement applicables, sans transposition : sociétés, sûretés, recouvrement, procédures collectives, arbitrage, droit commercial général.
Effet en droit burkinabè
Supranationalité : les Actes uniformes s'appliquent nonobstant toute disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure (art. 10 du Traité).
Juridiction
CCJA (Abidjan) : juge de cassation pour l'application des Actes uniformes, en lieu et place de la Cour de cassation burkinabè.
Enjeu pour la donnée juridique
Socle de la base LegOmnia en construction : jurisprudence CCJA et décisions burkinabè appliquant les Actes uniformes.

UEMOA

membre fondateur (1994) ; pays du siège

Union économique et monétaire ouest-africaine

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Siège
Ouagadougou · 8 États membres
Approche réglementaire
Règlements directement applicables et directives à transposer ; politique commune de la concurrence ; franc CFA émis par la BCEAO.
Effet en droit burkinabè
Primauté du droit communautaire : les règlements s'appliquent sans mesure nationale de transposition.
Juridiction
Cour de justice de l'UEMOA (Ouagadougou).
Enjeu pour la donnée juridique
Règlements, directives et décisions de la Commission, notamment en concurrence, fiscalité et droit bancaire.

UA

membre fondateur de l'OUA (1963)

Union africaine

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Siège
Addis-Abeba · 55 États membres
Approche réglementaire
Acte constitutif et conventions continentales (droits de l'homme, cybersécurité, protection des données), applicables après signature et ratification.
Effet en droit burkinabè
Les conventions ratifiées et publiées ont une autorité supérieure aux lois (Constitution), sous réserve de réciprocité.
Juridiction
Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (Arusha), dans la limite des protocoles ratifiés.
Enjeu pour la donnée juridique
Référentiel des standards continentaux, notamment en matière de protection des données personnelles.

ZLECAf

État partie à l'Accord

Zone de libre-échange continentale africaine

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Siège
Accra (Secrétariat) · 54 États membres
Approche réglementaire
Accord-cadre et protocoles : marchandises, services, investissement, concurrence, propriété intellectuelle, commerce numérique.
Effet en droit burkinabè
En cas de conflit avec un accord régional, l'Accord prévaut, sauf entre États ayant atteint une intégration plus poussée (art. 19), comme au sein de l'UEMOA.
Juridiction
Mécanisme interétatique de règlement des différends, inspiré de l'OMC.
Enjeu pour la donnée juridique
Suivi des engagements commerciaux et des textes de mise en œuvre nationaux.

Entente

membre fondateur (1959)

Conseil de l'Entente

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Siège
Abidjan · 5 États membres
Approche réglementaire
Plus ancienne organisation régionale d'Afrique de l'Ouest : coopération au développement et en matière de sécurité entre cinq États.
Effet en droit burkinabè
Accords de coopération soumis au régime général des traités (Constitution).
Juridiction
Pas de juridiction communautaire.
Enjeu pour la donnée juridique
Corpus limité, mais utile pour les projets de coopération entre États voisins.

ABN

État membre

Autorité du bassin du Niger

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Siège
Niamey · 9 États membres
Approche réglementaire
Gestion concertée du bassin du fleuve Niger entre neuf États : ressources en eau, ouvrages, environnement.
Effet en droit burkinabè
Conventions soumises au régime général des traités (Constitution).
Juridiction
Pas de juridiction communautaire.
Enjeu pour la donnée juridique
Charte de l'eau du bassin et textes sur la gestion des ressources partagées.

AES

membre fondateur

Confédération des États du Sahel

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Siège
— · 3 États membres
Approche réglementaire
Confédération réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Effet en droit burkinabè
Instruments soumis au régime général des traités.
Juridiction
Pas de juridiction commune opérationnelle.
Enjeu pour la donnée juridique
Corpus en cours de constitution.

Pièges fréquents : le Burkina Faso n'en est pas membre

  • CEMAC : Union économique et monétaire de six États d'Afrique centrale. Elle utilise elle aussi un franc CFA, mais émis par la BEAC : le Burkina Faso relève de l'UEMOA et de la BCEAO.
  • ZMAO : Zone monétaire de l'Afrique de l'Ouest, qui réunit six États hors franc CFA, dont le Ghana voisin. Le Burkina Faso n'en fait pas partie.
  • UFM : Union du fleuve Mano, organisation de coopération entre le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée et la Côte d'Ivoire. Le Burkina Faso n'en est pas membre.

OHADA et UEMOA : articulation et zones de convergence

Les huit États membres de l'UEMOA, dont le Burkina Faso, appartiennent aussi à l'OHADA. Deux droits communautaires s'y appliquent donc simultanément, avec des champs distincts mais des points de contact.

Complémentarité

L'OHADA se concentre strictement sur la sécurité juridique des affaires et le droit commercial, tandis que l'UEMOA dispose d'un champ d'action plus large : politique monétaire, union douanière, marchés financiers, fiscalité.

Coexistence et conflits de normes

Dans les huit pays membres des deux organisations, des collisions peuvent survenir entre les Actes uniformes de l'OHADA et les règlements ou directives de l'UEMOA, par exemple en matière de comptabilité ou de droit financier.

Un cadre permanent de concertation

Pour éviter les conflits de compétences et harmoniser leurs actions, un Cadre permanent de concertation (CPC) a été mis en place entre l'OHADA et les institutions de l'UEMOA.

Sources : Presses universitaires d’Aix-Marseille (OpenEdition) · Revue de l’ERSUMA, 2018 (Cairn) · UEMOA

Quelle norme l'emporte ?

L'ordre juridique burkinabè s'organise en cinq niveaux. Le droit OHADA et le droit de l'UEMOA y occupent une place particulière : directement applicables, ils s'imposent même à une loi postérieure.

  1. Niveau 1 · norme suprême

    Constitution

    La Constitution du 2 juin 1991 coiffe l'ordre juridique.

    Fondement : ConstitutionGardien : Conseil constitutionnel

  2. Niveau 2 · supranational

    Droit OHADA et droit UEMOA

    Les Actes uniformes OHADA et les règlements de l'UEMOA sont directement applicables et priment toute disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure. Les directives de l'UEMOA doivent, elles, être transposées.

    Fondement : Traité OHADA, art. 10 ; Traité UEMOAGardien : CCJA (Abidjan), Cour de justice de l'UEMOA

  3. Niveau 3 · conventionnel

    Traités et accords ratifiés

    UA, ZLECAf, Conseil de l'Entente, ABN, AES : les traités régulièrement ratifiés et publiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité.

    Fondement : Constitution, dispositions relatives aux traitésGardien : Juridictions nationales et communautaires

  4. Niveau 4 · législatif

    Lois et ordonnances

    Lois organiques, lois ordinaires et ordonnances. Elles doivent respecter la Constitution et céder devant les traités ratifiés et le droit communautaire.

    Fondement : Constitution, domaine de la loiGardien : Conseil constitutionnel, juridictions ordinaires

  5. Niveau 5 · réglementaire

    Décrets, arrêtés, actes des collectivités

    Actes du pouvoir exécutif et des collectivités territoriales, pris dans le respect des lois. Un acte réglementaire illégal peut être annulé.

    Fondement : Principe de légalitéGardien : Conseil d'État

Et la jurisprudence ? Elle ne figure pas dans la pyramide, mais elle dit comment chaque niveau s'applique en pratique. C'est précisément ce corpus que LegOmnia s'attache à structurer et à rendre accessible.

Testez vos connaissances

Deux exercices interactifs : arbitrez des conflits de normes concrets, puis vérifiez ce que vous savez de l'intégration régionale du Burkina Faso.

L'arbitre des normes

Score : 0

Cas 1/6

Un ancien code de commerce national, antérieur à l'Acte uniforme, prévoit une règle différente sur le bail à usage professionnel.

Quelle norme ou quelle juridiction l'emporte ?

Quiz : intégration régionale

Score : 0

Question 1/15

Un règlement de l'UEMOA doit-il être transposé en droit burkinabè ?

Questions fréquentes sur le droit burkinabè

Le Burkina Faso est-il membre de la CEMAC ?

Non. Le Burkina Faso est membre de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), dont le franc CFA (XOF) est émis par la BCEAO, qui siège à Dakar. La CEMAC regroupe six États d'Afrique centrale, dont le franc CFA (XAF) est émis par une autre banque centrale, la BEAC.

Le droit OHADA s'applique-t-il au Burkina Faso ?

Oui. Le Burkina Faso est membre fondateur de l'OHADA, dont le Traité a été signé à Port-Louis en 1993. Les Actes uniformes y sont directement applicables, sans transposition, nonobstant toute disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure (article 10 du Traité OHADA).

Quelle juridiction statue en cassation sur le droit OHADA ?

La Cour commune de justice et d'arbitrage (CCJA), qui siège à Abidjan. Elle se prononce en cassation sur l'application des Actes uniformes, en lieu et place de la Cour de cassation burkinabè (article 14 du Traité), et ses arrêts sont exécutoires sur le territoire de tous les États parties (article 20).

Quelle est la place des traités internationaux dans le droit burkinabè ?

La Constitution reconnaît aux traités régulièrement ratifiés et publiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l'autre partie. Le droit OHADA et le droit de l'UEMOA, directement applicables, priment en outre le droit interne contraire.

À quelles organisations régionales le Burkina Faso appartient-il ?

Le Burkina Faso est membre de sept organisations : l'Union africaine, la ZLECAf, l'OHADA, l'UEMOA, le Conseil de l'Entente, l'Autorité du bassin du Niger et la Confédération des États du Sahel (AES). Il n'est membre ni de la CEMAC, ni de la ZMAO.

Où en est LegOmnia sur le droit burkinabè ?

Le Burkina Faso fait partie de nos juridictions prioritaires, et son intégration est en cours. Nous construisons la couverture étape par étape : le droit OHADA, commun aux 17 États membres, en constitue le socle, et les textes et la jurisprudence propres au droit burkinabè viennent l'enrichir progressivement. Les inscrits à la liste d'attente seront informés en priorité de chaque nouvelle avancée. OmniScan peut, dès aujourd'hui, être déployé au Burkina Faso pour numériser et indexer des fonds documentaires juridiques.

Le droit burkinabè, bientôt à portée de main

Rejoignez la liste d'attente pour accéder parmi les premiers à la recherche juridique LegOmnia sur le Burkina Faso et l'espace OHADA.

Contenu pédagogique de synthèse ; il ne constitue pas une consultation juridique. Références : Constitution du 2 juin 1991, Traité OHADA (art. 10, 14, 20), Traité de l'UEMOA, Accord ZLECAf (art. 19). Appartenances à jour en octobre 2026.